Recommencer à rencontrer des gens quand on est parent solo : par où commencer

19 août 2026 · 8 min de lecture

Mère solo pensive devant un café, lumière de fin d'été, cartable en arrière-plan

C'est la fin août. Les enfants reprennent dans dix jours, les cartables ne sont pas encore sortis du placard, et toi tu regardes ton agenda avec un mélange d'anticipation et de quelque chose d'autre, de moins identifiable. Du blanc. Pas le blanc du vide, mais celui d'un espace qui attend. Quelque chose remue — pas une décision, pas un plan — juste une envie floue de ne plus être seul(e) dans tout ça. C'est ce moment précis — celui où l'envie de recommencer sa vie amoureuse quand on est parent solo commence à se formuler — dont on parle ici.

C'est quoi exactement cette envie qui revient à la rentrée ?

L'été, paradoxalement, peut mettre la solitude en sourdine. Les enfants sont là, les journées sont plus longues, les contraintes s'allègent un peu. Puis arrive la rentrée, et quelque chose se remet à sonner plus fort. Pas forcément la solitude au sens dramatique du terme — plutôt une conscience aiguë que la vie tourne à plein régime, que tu gères beaucoup, et qu'il y a de la place pour autre chose.

Cette envie peut prendre plusieurs formes, et elles sont toutes légitimes. Parfois c'est l'envie d'une vraie vie amoureuse, de retrouver quelqu'un avec qui partager plus que des textos logistiques. Parfois c'est plus diffus : ne plus prendre seul(e) toutes les décisions, avoir quelqu'un à appeler quand l'un des enfants a de la fièvre un soir de semaine. Et parfois c'est encore plus simple — des amis qui comprennent, qui n'ont pas besoin qu'on leur explique pourquoi on ne peut pas décaler à vendredi parce que c'est la semaine de garde.

Ces trois envies ne s'excluent pas, et aucune n'est plus valable que les autres. Le point de départ, c'est de nommer honnêtement là où tu en es — sans te forcer à vouloir plus ou à vouloir moins que ce que tu ressens vraiment.

Femme seule sur un banc de parc, lumière dorée de fin d'après-midi, ambiance apaisée

Les freins classiques (et pourquoi ils sont compréhensibles, pas des excuses)

Avant même de penser à quoi que ce soit de concret, il y a généralement une liste mentale de raisons pour lesquelles c'est compliqué. Ces raisons sont réelles. Elles méritent mieux qu'un « mais si, tu peux le faire ! » balancé depuis un article de blog.

Le temps. « Je n'ai pas le temps de dater. » C'est vrai que les agendas de parents solos sont souvent des tetris millimétré. Mais recommencer à rencontrer des gens ne demande pas trois heures libres un samedi soir. Ça commence par un message à 22h depuis ton canapé, un échange qui te fait sourire pendant ton trajet du matin, une discussion en ligne pendant que les pâtes cuisent. Les nuits sans enfants, les pauses du midi, les vingt minutes avant que la maison s'anime — il y a des interstices, et ils suffisent pour commencer. Pour aller plus loin sur l'organisation de ces moments pour toi, cet article sur les soirs sans les enfants en septembre donne des pistes concrètes.

La culpabilité. « Et les enfants dans tout ça ? » Cette question-là mérite d'être prise au sérieux, pas écartée. Oui, tu penses à eux. Oui, tu veux faire les choses bien. Mais prendre du temps pour toi — pour retrouver quelqu'un, pour avoir une conversation d'adulte, pour te sentir moins seul(e) — ce n'est pas voler du temps à tes enfants. C'est aussi ce qui te permet de tenir sur la durée et d'être vraiment là quand tu es avec eux. Si ce sujet te travaille, tu n'es pas seul(e) — la culpabilité liée au fait de penser à soi est quelque chose que beaucoup de parents solos traversent.

La peur du jugement. « Les gens vont penser quoi ? » Que tu n'as pas assez attendu. Que tu penses à toi avant tes enfants. Que tu vas « amener quelqu'un » trop vite. Ce regard-là existe — mais il est surtout projeté. Et dans une communauté de parents solos, il disparaît presque complètement. Parce que tout le monde est passé par les mêmes questions, ou y est encore. Il n'y a rien à justifier.

Le « pas encore prêt(e) ». C'est sans doute le plus courant. Le signal vert universel n'existe pas. Il n'y a pas de moment où tout est réglé, où la séparation est digérée à 100 %, où tu te réveilles un matin en sachant que c'est le bon moment. Recommencer, c'est souvent flou au départ — et c'est normal de commencer flou.

La vraie question : rencontrer qui, pour quoi ?

Avant de penser aux plateformes ou aux profils, il vaut mieux se poser une minute sur ce qu'on cherche vraiment — ou plutôt, sur ce qu'on cherche pour l'instant, parce que ça peut évoluer.

Il y a ceux et celles qui cherchent d'abord des amis qui comprennent. Quelqu'un à qui envoyer un message à 22h quand l'un des enfants a dit quelque chose qui t'a touché(e) et que tu n'as personne à qui le raconter. Quelqu'un avec qui partager l'humour un peu noir des devoirs de CM1 un mercredi soir de fatigue.

Il y a ceux et celles qui cherchent des sorties et des activités. Partir en week-end sans être seul(e) avec les enfants, proposer à une autre famille de partager une location, ou simplement ne pas toujours être la seule famille monoparentale au barbecue. Sur ce terrain, les semaines sans enfants en garde alternée peuvent aussi être le bon moment pour explorer.

Et puis il y a ceux et celles qui cherchent une relation amoureuse. Retrouver quelqu'un avec qui construire quelque chose — quelqu'un qui n'a pas besoin qu'on lui explique ce qu'est un week-end de garde ou une réunion d'école en solo. Quelqu'un qui comprend d'emblée que les enfants font partie de l'équation, pas comme un obstacle mais comme une réalité.

Les trois niveaux peuvent coexister. L'ordre peut changer d'une semaine à l'autre. Ce qui compte, c'est de ne pas se forcer à vouloir plus que ce qu'on est prêt(e) à vivre, ni à se brider sous prétexte que ce n'est « pas encore le moment ».

Deux parents solos qui discutent et rient autour d'un café, ambiance chaleureuse

Pourquoi les apps généralistes ne fonctionnent pas bien pour les parents solos

Ce n'est pas qu'elles soient mauvaises — c'est qu'elles ne sont pas faites pour cette situation. Sur une app généraliste, tu dois mentionner que tu as des enfants dans ta bio, gérer les réactions (de l'enthousiaste forcé au « ah, ok… »), expliquer pourquoi tu n'es pas disponible certains week-ends, et croiser des profils qui n'ont vraiment aucune idée de ce que ça implique au quotidien.

Ce n'est pas une question de jugement de leur part — c'est juste un décalage de réalité. Quand quelqu'un n'a jamais vécu de garde alternée, il faut tout traduire. L'emploi du temps contraint, la logistique des semaines avec et sans, la prudence sur « présenter quelqu'un » aux enfants. Ça demande de l'énergie, et quand l'énergie est déjà comptée, c'est un frein réel.

Dans une communauté dédiée aux parents solos, cette conversation n'existe pas. Les profils incluent les informations sur les enfants, l'agenda contraint est compris d'emblée, et l'état d'esprit général est celui de gens qui cherchent à reconstruire quelque chose — pas forcément à la vitesse de la lumière, mais avec l'intention d'y aller. C'est une différence qui change tout, dès les premiers échanges. Pour les papas solos qui se reconnaissent dans cette situation, cet article revient en détail sur les spécificités de refaire sa vie quand on élève seul ses enfants.

Par où commencer concrètement (sans se précipiter)

Pas de check-list militaire. Juste quelques étapes légères, dans l'ordre qui te correspond.

La première, c'est de créer ou mettre à jour un profil sur une plateforme pensée pour les parents solos — comme Parents Solos. Pas besoin d'écrire ta biographie complète ni de trouver la photo parfaite. Quelque chose d'honnête, de toi.

La deuxième, c'est de commencer par les discussions, pas par les rendez-vous. Observer, lire ce que les autres partagent, répondre à quelqu'un dont le message t'a parlé. Il n'y a aucune obligation de sortir dès la première semaine. La communauté est là aussi pour ça — pour recréer du lien à son propre rythme.

La troisième, c'est d'utiliser les premières semaines de rentrée — quand les enfants sont à l'école et que la maison est calme — comme un espace pour toi. Vingt minutes le matin avec un café, un échange le soir après le dîner. Ce n'est pas du temps perdu, c'est du temps investi dans quelque chose qui compte. Si tu cherches des idées pour te retrouver dans ces moments, les rencontres estivales en période de garde alternée montrent comment d'autres s'y prennent.

La quatrième, c'est de ne pas mettre la barre trop haute. Un échange qui te fait sourire, une discussion qui dure un peu plus longtemps que prévu, quelqu'un qui comprend ta blague sur les cartables — c'est déjà quelque chose. Recommencer ne demande pas un premier rendez-vous parfait. Ça commence bien avant.


Les enfants vont reprendre l'école. La vie va reprendre son rythme, avec ses semaines chargées et ses nuits enfin calmes. Ce rythme peut aussi inclure un espace pour toi — pas comme une obligation, pas comme un projet qu'il faut cocher, mais comme quelque chose que tu construis à ta façon. Dans un endroit où les gens n'ont pas besoin qu'on leur explique pourquoi c'est compliqué. Si tu veux faire un premier pas, Parents Solos est là pour ça.

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